Au terme du mandat présidentiel, les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot reviennent sur les principales mesures qui ont valu à Nicolas Sarkozy son titre de « Président des riches ». Entretien.
Regards.fr : Nicolas Sarkozy, qui a tourné la page du bling-bling, a-t-il varié dans la politique qu’il mène à l’égard des riches ?
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot : Non. Cet abandon de l’exhibitionnisme libéral, de ce culte de l’argent des premiers mois du quinquennat, n’avait pas pour objet ou pour cause une soudaine conversion au social. C’était plutôt une tentative d’infléchir des sondages d’opinion qui annonçaient la débâcle. La rupture qui était un axe du programme sarkozien avait bien lieu, mais elle était celle de la décence. L’indécence des propos tenus, des postures, des mimiques, des intonations était sans doute inspirée par un vague populisme, d’autant plus vague que Nicolas Sarkozy est très loin dans l’espace social comme dans l’espace urbain des catégories sociales qu’il entendait peut-être séduire avec ce vrai-faux parler de ceux qui veulent « faire peuple ». Ses attitudes corporelles et langagières avaient peu à voir en réalité avec les façons et les parlers des gens modestes. Par ailleurs, le gavroche caricatural par son manque de connaissance du sujet à imiter s’acoquinait dans le même temps beaucoup trop visiblement avec les « gavés » du libéralisme. Cette incohérence a très vite fait percevoir le côté bonimenteur d’un Nicolas Sarkozy de moins en moins crédible en tant que président de la République.
Regards.fr : Pouvez-vous retracer la chronologie des mesures à l’avantage des plus favorisés ?
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Difficilement, car les mesures s’entrecroisent de manière à rendre ces avantages peu perceptibles. Ainsi la suppression du bouclier fiscal a été accompagnée d’une réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Cette suppression a coûté quelque 600 millions d’euros aux plus riches. Le seuil de l’ISF étant relevé et les taux d’imposition étant abaissés, au même moment, il s’en est suivi une diminution importante du nombre des assujettis. Ils étaient 562 000 en 2010, ils sont 300 000 de moins pour l’exercice 2011. Pour les contribuables qui restent redevables à l’ISF, le taux d’imposition sur la dernière tranche passera de 1,8 % à 0,5 %, ce qui allège considérablement leur impôt. La pression fiscale sur les plus nantis a baissé de près de deux milliards d’euros. Le solde est positif : les plus riches paient moins d’impôts après la réforme qu’avant. Mais évidemment la communication élyséenne s’est contentée de mettre l’accent sur la suppression du bouclier fiscal.
Regards.fr : Il y a chez Nicolas Sarkozy tout un art et une manière de brouiller les cartes. Vous évoquiez récemment « ce charmant oxymore de TVA sociale »…
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Les deux termes sont contradictoires. La TVA est le contraire d’un impôt « social » qui réduirait les écarts de revenus. En étant le même pour tous, il maintient la dispersion des revenus disponibles mais, en valeur absolue, si les ménages les plus fortunés vont évidemment contribuer davantage aux recettes de l’État, car ils consomment plus, les ménages les plus modestes vont voir leur situation déjà précaire s’aggraver. Sur un salaire de 1 300 euros, une hausse de 2 % de la TVA représente 26 euros si elle s’applique à la totalité des revenus. À l’autre extrémité de la société, un revenu de 15 000 euros taxé de 2 % supplémentaires rapporte 300 euros€ aux recettes fiscales. Mathématiquement, en valeur relative, l’effort est le même, mais en valeur absolue les 300 euros sont négligeables pour les revenus les plus élevés, alors que tout euro compte dans un budget de 1 300 euros. Nous pourrions aussi parler des annonces péremptoires qui débouchent sur le néant. Il en est ainsi pour la suppression des paradis fiscaux qui, en 2009, en prélude à la réunion du G20 à Pittsburgh, avaient été déclarés anéantis. Rien de moins. Aux dernières nouvelles ils se portent bien, merci. BNP Paribas y dispose toujours d’environ 180 filiales. LVMH (groupe Arnault) en possède 140. Ces filiales sont mobilisées pour optimiser la fiscalité des sociétés. Avec les prix de transfert par exemple. La société mère, localisée en France, vend au prix de revient, voire en dessous, une partie de sa production à une filiale localisée dans un paradis fiscal. Ces biens sont revendus sur le marché mondial avec une marge bénéficiaire exemptée d’impôt.
Regards.fr : Il y a aussi cette annonce de taxe Tobin réduite à peau de chagrin…
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Dans l’esprit de James Tobin économiste libéral, prix Nobel, cette taxe devait freiner la spéculation qui se développait dans les marchés financiers. Tobin s’est d’ailleurs désolidarisé des altermondialistes qui avaient repris son idée. Quant à Sarkozy, il était opposé à cette taxe en 1999 : dans un débat avec François Hollande il avait déclaré que, si nous la mettions en œuvre en France, nous aurions des « dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires ». Pour être réélu le voilà prêt, une fois de plus, à se contredire. Mais en limitant le champ de cette taxe aux transactions sur les actions et à une partie des produits dérivés, certains CDS (Credit Default Swap, des assurances sur la valeur d’obligations), il en a considérablement réduit la portée. Son ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, avait en tête une assiette plus large, qui aurait pu rapporter entre 30 et 60 milliards de dollars par an. La réduction de l’assiette ramène le produit envisagé à un milliard d’euros. De plus, le ministre avait envisagé trois emplois du produit de cette taxe : réduction de la dette, aider à équilibrer le budget et participer à l’aide au développement des pays pauvres, ce dernier point paraissant bien normal pour un ministre chargé de la coopération. Ce point n’a pas été repris dans le projet définitif, la taxe ne servira donc, au mieux, qu’à alléger les charges de l’État.
Regards.fr : Le 29 janvier, le président s’est engagé à « ne pas laisser tomber les gens de Lejaby ». Un petit geste en direction de l’électorat ouvrier. En 2007, avec la « valeur travail », il avait réussi à s’adresser aux catégories populaires. Cela vous semble-t-il encore possible aujourd’hui ?
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Tant mieux pour les travailleurs et travailleuses de Lejaby. Mais la mesure envisagée ne concerne qu’une partie des salariés licenciés. Il faut en outre attendre la réalisation de ce sauvetage qui comprend une formation assez lourde prise en charge par les finances publiques, puisqu’il s’agit de passer du textile aux cuirs et peaux. Quant à la façon dont les catégories populaires peuvent recevoir ce type de nouvelle, il ne faut pas sous-estimer l’impact de l’échec de la reprise d’Arcelor Mittal à Grandange. Nicolas Sarkozy a beaucoup déçu et la suspicion à son égard est la règle aujourd’hui.
Regards.fr : La France a changé. Dans quel état laisse-t-il le pays après un quinquennat ?
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : La grande bourgeoisie est la seule classe sociale en France aujourd’hui. Elle est la seule à exister en-soi, c’est-à-dire objectivement, par la place dans les rapports de production, les revenus, le mode de vie, mais aussi pour-soi, subjectivement, dans la conscience partagée d’appartenir à un même groupe social. Cela se voit dans la pratique systématique de la cooptation pour former des instances homogènes qui vont des conseils d’administration des grandes sociétés aux rallyes créés par les mères de famille pour assurer à leurs enfants de partager leurs loisirs avec des partenaires appartenant au même milieu. On retrouve cet entre-soi sciemment recherché dans l’habitat, toutes ces familles résidant dans les beaux quartiers des villes ou ayant des résidences dans les mêmes stations de sports d’hiver (Megève) ou balnéaires (les Parcs de Saint-Tropez, « lotissement » ultra-chic où l’on retrouve les Pinault et autres Arnault). D’où une homogénéité idéologique remarquable : au second tour de la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a recueilli 87 % des suffrages exprimés à Neuilly. Cela est antérieur à l’élection de Nicolas Sarkozy, mais la classe ouvrière en particulier existe toujours objectivement, par sa place dans les rapports de production et par ses modes de vie, mais elle existe de moins en moins dans les consciences. Il y a à cela beaucoup de raisons, la désindustrialisation, la dévalorisation du travail ouvrier, l’individualisme auquel poussent le chômage et la recherche désespérée d’un emploi, quel qu’il soit. Avec le recul de la production industrielle, et l’effondrement des régimes socialistes, de l’URSS et des pays de l’Europe de l’Est, c’est aussi toute une culture spécifique qui est en crise, en recul. Les points d’appui du mouvement ouvrier sont fragilisés. Ce qui a facilité la tâche à Nicolas Sarkozy.
Regards.fr : Ces transformations ne rendent-elles pas difficile leur dépassement ?
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Les forces de progrès sont provisoirement en recul, mais la situation reste ouverte : la crise est aiguë, le mécontentement profond, les organisations de gauche sont toujours actives, même si les effectifs ont pu chuter, et d’autres forces se sont levées, parmi les jeunes en particulier. Tout espoir n’est pas perdu. Il y a de quoi s’indigner, mais il faut aller plus loin et mettre en cause un système économique et politique en bout de course, les jeux mortels de la finance de casino conduisant les économies à leur perte. Les spoliations que représentent les atteintes aux droits sociaux et aux services publics mettent en évidence que l’oligarchie entend faire payer sa cupidité insatiable aux classes populaires et aux classes moyennes qui ne sont pour rien dans cette gabegie. S’indigner ne suffit pas, il faut faire rendre raison au capitalisme.
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Regards.fr : Nicolas Sarkozy, qui a tourné la page du bling-bling, a-t-il varié dans la politique qu’il mène à l’égard des riches ?Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot : Non. Cet abandon de l’exhibitionnisme libéral, de ce culte de l’argent des premiers mois du quinquennat, n’avait pas pour objet ou pour cause une soudaine conversion au social. C’était plutôt une tentative d’infléchir des sondages d’opinion qui annonçaient la débâcle. La rupture qui était un axe du programme sarkozien avait bien lieu, mais elle était celle de la décence. L’indécence des propos tenus, des postures, des mimiques, des intonations était sans doute inspirée par un vague populisme, d’autant plus vague que Nicolas Sarkozy est très loin dans l’espace social comme dans l’espace urbain des catégories sociales qu’il entendait peut-être séduire avec ce vrai-faux parler de ceux qui veulent « faire peuple ». Ses attitudes corporelles et langagières avaient peu à voir en réalité avec les façons et les parlers des gens modestes. Par ailleurs, le gavroche caricatural par son manque de connaissance du sujet à imiter s’acoquinait dans le même temps beaucoup trop visiblement avec les « gavés » du libéralisme. Cette incohérence a très vite fait percevoir le côté bonimenteur d’un Nicolas Sarkozy de moins en moins crédible en tant que président de la République.
Regards.fr : Pouvez-vous retracer la chronologie des mesures à l’avantage des plus favorisés ?
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Difficilement, car les mesures s’entrecroisent de manière à rendre ces avantages peu perceptibles. Ainsi la suppression du bouclier fiscal a été accompagnée d’une réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Cette suppression a coûté quelque 600 millions d’euros aux plus riches. Le seuil de l’ISF étant relevé et les taux d’imposition étant abaissés, au même moment, il s’en est suivi une diminution importante du nombre des assujettis. Ils étaient 562 000 en 2010, ils sont 300 000 de moins pour l’exercice 2011. Pour les contribuables qui restent redevables à l’ISF, le taux d’imposition sur la dernière tranche passera de 1,8 % à 0,5 %, ce qui allège considérablement leur impôt. La pression fiscale sur les plus nantis a baissé de près de deux milliards d’euros. Le solde est positif : les plus riches paient moins d’impôts après la réforme qu’avant. Mais évidemment la communication élyséenne s’est contentée de mettre l’accent sur la suppression du bouclier fiscal.
Regards.fr : Il y a chez Nicolas Sarkozy tout un art et une manière de brouiller les cartes. Vous évoquiez récemment « ce charmant oxymore de TVA sociale »…
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Les deux termes sont contradictoires. La TVA est le contraire d’un impôt « social » qui réduirait les écarts de revenus. En étant le même pour tous, il maintient la dispersion des revenus disponibles mais, en valeur absolue, si les ménages les plus fortunés vont évidemment contribuer davantage aux recettes de l’État, car ils consomment plus, les ménages les plus modestes vont voir leur situation déjà précaire s’aggraver. Sur un salaire de 1 300 euros, une hausse de 2 % de la TVA représente 26 euros si elle s’applique à la totalité des revenus. À l’autre extrémité de la société, un revenu de 15 000 euros taxé de 2 % supplémentaires rapporte 300 euros€ aux recettes fiscales. Mathématiquement, en valeur relative, l’effort est le même, mais en valeur absolue les 300 euros sont négligeables pour les revenus les plus élevés, alors que tout euro compte dans un budget de 1 300 euros. Nous pourrions aussi parler des annonces péremptoires qui débouchent sur le néant. Il en est ainsi pour la suppression des paradis fiscaux qui, en 2009, en prélude à la réunion du G20 à Pittsburgh, avaient été déclarés anéantis. Rien de moins. Aux dernières nouvelles ils se portent bien, merci. BNP Paribas y dispose toujours d’environ 180 filiales. LVMH (groupe Arnault) en possède 140. Ces filiales sont mobilisées pour optimiser la fiscalité des sociétés. Avec les prix de transfert par exemple. La société mère, localisée en France, vend au prix de revient, voire en dessous, une partie de sa production à une filiale localisée dans un paradis fiscal. Ces biens sont revendus sur le marché mondial avec une marge bénéficiaire exemptée d’impôt.
Regards.fr : Il y a aussi cette annonce de taxe Tobin réduite à peau de chagrin…
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Dans l’esprit de James Tobin économiste libéral, prix Nobel, cette taxe devait freiner la spéculation qui se développait dans les marchés financiers. Tobin s’est d’ailleurs désolidarisé des altermondialistes qui avaient repris son idée. Quant à Sarkozy, il était opposé à cette taxe en 1999 : dans un débat avec François Hollande il avait déclaré que, si nous la mettions en œuvre en France, nous aurions des « dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires ». Pour être réélu le voilà prêt, une fois de plus, à se contredire. Mais en limitant le champ de cette taxe aux transactions sur les actions et à une partie des produits dérivés, certains CDS (Credit Default Swap, des assurances sur la valeur d’obligations), il en a considérablement réduit la portée. Son ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, avait en tête une assiette plus large, qui aurait pu rapporter entre 30 et 60 milliards de dollars par an. La réduction de l’assiette ramène le produit envisagé à un milliard d’euros. De plus, le ministre avait envisagé trois emplois du produit de cette taxe : réduction de la dette, aider à équilibrer le budget et participer à l’aide au développement des pays pauvres, ce dernier point paraissant bien normal pour un ministre chargé de la coopération. Ce point n’a pas été repris dans le projet définitif, la taxe ne servira donc, au mieux, qu’à alléger les charges de l’État.
Regards.fr : Le 29 janvier, le président s’est engagé à « ne pas laisser tomber les gens de Lejaby ». Un petit geste en direction de l’électorat ouvrier. En 2007, avec la « valeur travail », il avait réussi à s’adresser aux catégories populaires. Cela vous semble-t-il encore possible aujourd’hui ?
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Tant mieux pour les travailleurs et travailleuses de Lejaby. Mais la mesure envisagée ne concerne qu’une partie des salariés licenciés. Il faut en outre attendre la réalisation de ce sauvetage qui comprend une formation assez lourde prise en charge par les finances publiques, puisqu’il s’agit de passer du textile aux cuirs et peaux. Quant à la façon dont les catégories populaires peuvent recevoir ce type de nouvelle, il ne faut pas sous-estimer l’impact de l’échec de la reprise d’Arcelor Mittal à Grandange. Nicolas Sarkozy a beaucoup déçu et la suspicion à son égard est la règle aujourd’hui.
Regards.fr : La France a changé. Dans quel état laisse-t-il le pays après un quinquennat ?
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : La grande bourgeoisie est la seule classe sociale en France aujourd’hui. Elle est la seule à exister en-soi, c’est-à-dire objectivement, par la place dans les rapports de production, les revenus, le mode de vie, mais aussi pour-soi, subjectivement, dans la conscience partagée d’appartenir à un même groupe social. Cela se voit dans la pratique systématique de la cooptation pour former des instances homogènes qui vont des conseils d’administration des grandes sociétés aux rallyes créés par les mères de famille pour assurer à leurs enfants de partager leurs loisirs avec des partenaires appartenant au même milieu. On retrouve cet entre-soi sciemment recherché dans l’habitat, toutes ces familles résidant dans les beaux quartiers des villes ou ayant des résidences dans les mêmes stations de sports d’hiver (Megève) ou balnéaires (les Parcs de Saint-Tropez, « lotissement » ultra-chic où l’on retrouve les Pinault et autres Arnault). D’où une homogénéité idéologique remarquable : au second tour de la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a recueilli 87 % des suffrages exprimés à Neuilly. Cela est antérieur à l’élection de Nicolas Sarkozy, mais la classe ouvrière en particulier existe toujours objectivement, par sa place dans les rapports de production et par ses modes de vie, mais elle existe de moins en moins dans les consciences. Il y a à cela beaucoup de raisons, la désindustrialisation, la dévalorisation du travail ouvrier, l’individualisme auquel poussent le chômage et la recherche désespérée d’un emploi, quel qu’il soit. Avec le recul de la production industrielle, et l’effondrement des régimes socialistes, de l’URSS et des pays de l’Europe de l’Est, c’est aussi toute une culture spécifique qui est en crise, en recul. Les points d’appui du mouvement ouvrier sont fragilisés. Ce qui a facilité la tâche à Nicolas Sarkozy.
Regards.fr : Ces transformations ne rendent-elles pas difficile leur dépassement ?
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : Les forces de progrès sont provisoirement en recul, mais la situation reste ouverte : la crise est aiguë, le mécontentement profond, les organisations de gauche sont toujours actives, même si les effectifs ont pu chuter, et d’autres forces se sont levées, parmi les jeunes en particulier. Tout espoir n’est pas perdu. Il y a de quoi s’indigner, mais il faut aller plus loin et mettre en cause un système économique et politique en bout de course, les jeux mortels de la finance de casino conduisant les économies à leur perte. Les spoliations que représentent les atteintes aux droits sociaux et aux services publics mettent en évidence que l’oligarchie entend faire payer sa cupidité insatiable aux classes populaires et aux classes moyennes qui ne sont pour rien dans cette gabegie. S’indigner ne suffit pas, il faut faire rendre raison au capitalisme.
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